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Historique de l'aide aux enfants en difficulté

Des repères historiques sur l'évolution des différentes représentations de l'AIS

Trois représentations se sont succédées depuis que l'enseignement spécialisé s'est développé dans le système éducatif français.

 



Dans ce premier schéma, les filières spécialisées correspondaient essentiellement :

  • aux classes de perfectionnement et aux classes intégrées dans les IME ou IMP (*)
  • aux classes de SES et aux classes intégrées dans les IME ou IMPro.

Rares étaient les élèves qui pouvaient réintégrer le circuit scolaire ordinaire.


 

Ce deuxième schéma des années 1990 coïncide avec l'apparition de l'expression "Adaptation et Intégration Scolaires" (A.I.S).

Des structures d'adaptation sont créées :

  • postes d'adaptation en 1er degré
  • les SES sont transformées en SEGPA dans le second degré.
  • Des structures d'intégration apparaissent : les CLIS dans le 1er degré ; les UPI dans le second degré.
Un certain nombre de questions et de problèmes mettent en cause ce deuxième schéma :
  • La difficulté d'apprentissage et le handicap restent trop l'affaire des seuls enseignants spécialisés.
  • La grande majorité des cas relève davantage d'une pédagogie différenciée et de la gestion de l'hétérogénéité.
  • Les SEGPA sont restées des filières plutôt ségrégatives.
 

L'adaptation et l'intégration scolaires ne sont pas réductibles à l'enseignement spécialisé. Elles concernent tous les établissements et tous les enseignants.

Beaucoup de cas de difficultés sont pris en compte par les enseignants des classes depuis la maternelle jusqu'au CM2.  Ils répondent à la nécessité de différenciation pédagogique.

Les retards sévères d'apprentissages sont gérés en équipe avec les enseignants spécialisés.

Les personnes handicapées peuvent aussi relever des trois zones en fonction de leur niveau d'efficience. Dans les deux premières zones, existe la possibilité d'intégration individuelle en école ordinaire ; dans la zone centrale existe la possibilité d'intégration collective en CLIS ou UPI.

Le chemin parcouru est important.
Le chantier à venir est vaste et encourage à mettre en oeuvre une démarche AIS intégrée dans le projet d'établissement.

 D'après le document élaboré par l'équipe ASH, le 18 avril 2007, ASH Enseignement Catholique 49.

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L'école et mai 68

Je remercie vivement Philippe Meirieu, à qui j'ai demandé l'autorisation de publier des articles issus de son site, pour sa chaleureuse réponse :

"Chère collègue, 

Bien sûr, avec plaisir, dès lors que vous indiquez la source et opérez les renvois nécessaires. Votre blog est très intéressant et comporte des ressources très riches...
Bon courage pour tout.
Bien cordialement
Philippe Meirieu
professeur à l'université de Lyon
http://www.meirieu.com "
C'est donc avec son aimable autorisation que je publie des extraits de son article concernant l'école et 1968. Vous retrouverez l'intégralité de l'article en cliquant sur http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

Nicolas Sarkozy fustige l’école d’après 1968. En quoi est-ce une année charnière pour le système éducatif ?

Philippe Meirieu : D’abord pour une raison qu’il a l’air d’oublier : c’est la première année où la scolarité obligatoire jusqu’à seize ans a été effective. La décision date de 1959 et la mise en place des collèges de 1963. Mais c’est en 1968 que tous les élèves de seize ans ont été scolarisés. Cette année marque donc un progrès social considérable pour la France. Monsieur Villepin l’a, depuis, battu en brèche avec l’apprentissage dès quatorze ans (1). Ce renoncement est inédit et, à cet égard, il serait bienvenu de revenir à 1968...

Vous parlez de 1968 comme de l’aboutissement de mesures enclenchées en amont. Nicolas Sarkozy, lui, fustige « l’héritage de 1968 »...

Philippe Meirieu : Je parle de 1968 comme d’une étape dans la démocratisation du système scolaire parce que je regarde l’histoire dans son ensemble. Nicolas Sarkozy en parle avec une perspective étroite. Il fait mine d’oublier que ce sont aussi 6 millions de grévistes et un extraordinaire mouvement de libération de la femme. Il omet surtout qu’à l’époque, la France vivait sous une quasi-monarchie et que c’est le ras-le-bol de cette chape de plomb qui s’est exprimé. Quelles conséquences sur l’école ? Assez peu, à vrai dire. L’autonomie des universités, le remplacement des notes sur 20 par les lettres A, B, C, D, E, ce qui a fait long feu. L’apparition des représentants des élèves et des parents, aussi, et la disparition, ici ou là, des uniformes...

Le début de la fin de l’autorité ?

Philippe Meirieu : Nicolas Sarkozy ne doit pas travestir l’histoire. On ne peut en aucun cas dire que l’autorité des enseignants ou des parents s’est effondrée en 1968. D’ailleurs les gouvernements suivants se sont empressés de passer à la trappe une grande partie des réformes. Le système est redevenu autoritaire, le pouvoir des enseignants a été renforcé. En fait, l’idéologie de « l’enfant roi » que stigmatise Nicolas Sarkozy est bien plus portée par le système libéral que par mai 1968. Qu’est-ce qui caractérise les difficultés des enseignants ? C’est d’être face à des élèves soumis à un bombardement médiatique permanent sur le mode : « Tes désirs sont des ordres, consomme  » Des élèves fatigués, stressés, parce que sans cesse sollicités par la télévision. Des élèves dont les parents vivent une situation sociale et familiale difficile. Des élèves qui sont donc moins faciles à tenir que ceux d’avant-1968. Ce ne sont pas les événements de mai qui sont responsables. Mais la conjugaison de la dégradation sociale des familles et de la montée d’un système médiatique ravageur.

Mais peut-on parler de crise de l’autorité ?

Philippe Meirieu : Il faut être clair : la crise de l’autorité est quelque chose de consubstantiel à l’émergence de la démocratie. La seule manière de ne pas en rencontrer, c’est de vivre en monarchie, en dictature ou en théocratie. Dès lors que l’on prend le risque de la démocratie, on prend le risque que l’autorité soit discutée. Il faut savoir ce que l’on veut. Soit vivre dans une société dictatoriale. Soit assumer la démocratie, et admettre qu’il est nécessaire d’inventer de nouvelles formes d’autorité, à construire par l’action collective. C’est ce que porte la tradition de l’éducation populaire en France. Depuis 1936, elle ne cesse de dire que l’autorité ne peut être fondée sur le « croire ensemble » - le communautarisme -, ni sur « l’obéir ensemble ». L’autorité doit se fonder sur le « faire ensemble » et sur la compétence. Cette autorité-là est le contraire de celle défendue par Nicolas Sarkozy.

Il dénonce aussi la baisse du niveau scolaire et vante l’école de Jules Ferry comme mieux capable d’apprendre à lire et à compter aux élèves...

Philippe Meirieu : L’école de Jules Ferry a été un formidable progrès pour la République. Il s’agit de le poursuivre, pas de revenir en arrière. Le contexte de l’époque était particulier. Nous sortions de la guerre de 1870. Il fallait prendre une revanche sur l’Allemagne, construire l’unité nationale, éradiquer les patois... et maintenir la discrimination sociale. Jules Ferry n’a jamais été un partisan de l’égalité sociale. Il a d’ailleurs maintenu deux écoles publiques, l’une pour les pauvres, l’autre pour les riches.

Sommes-nous confrontés à une baisse de niveau ? C’est extrêmement difficile à dire. En revanche, l’école doit effectivement être plus exigeante. J’ai toujours défendu l’idée d’une pédagogie du « chef-d’oeuvre ». Soit une pédagogie qui ne se contente pas de payer d’une mauvaise note un devoir bâclé. Ça, c’est du laxisme. L’exigence, c’est d’accompagner chaque élève vers la réussite. C’est de dire à celui qui obtient 6 sur 20 : « Tu vas retravailler et on va t’aider pour que tu aies 15. » Or ce n’est pas l’école que nous propose Nicolas Sarkozy. Lui vise un système de sélection efficace, permettant de repérer et de valoriser les élites.

Pensez-vous que ses déclarations s’inscrivent dans la lignée des politiques scolaires mise en oeuvre par la droite depuis 2005 ?

Philippe Meirieu : Tout à fait. Plus largement, ils s’inscrivent dans le prolongement absolu de la pensée de la droite traditionnelle, de la droite dure française.

Entretien réalisé par Marie-Noëlle Bertrand

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